Le fric, c’est chic ! Parole de ratchou.

Bon, « ratchou », c’est un peu exagéré comme terme pour me décrire. Radine, moi ? Pas si sûr ! J’entretiens avec l’argent une relation ambigüe du style « Je t’aime moi non plus », c’est vrai, mais à mes yeux l’argent c’est avant tout un moyen pour vivre et pas l’inverse.

On va pas se mentir : quand t’arrives à payer ton loyer et tes charges, ta bouffe, que t’as pu mettre de l’essence dans ta voiture et tout ça sans trop réfléchir à si tu finiras le index2mois dans le rouge ou pas, c’est agréable.  Quand en plus, tu peux t’acheter une petite robe à 30€ sur un coup de tête, te faire épiler chez l’esthéticienne et que tu arrives à mettre un petit peu de sous de côté (pour tes vacances, changer la machine à laver, les réparations de ton-auto-ce-gouffre), c’est confortable. Pour tout le reste… J’entends déjà le fameux « Il y a Mastercard » au loin… Ben, pour le reste, c’est du bonus. Et surtout pas « un dû », morbleu !

C’est sûr, j’ai autour de moi quelques personnes qui ont de l’argent, pas mal d’argent. Et évidemment, quand j’en parle, je suis à la fois heureuse pour eux, envieuse un temps, et finalement plutôt fière de ne pas avoir besoin d’autant. Un discours teinté, en somme 😉

C’est confortable de ne se priver de rien, c’est sûr. Mais est-ce-que c’est épanouissant ? Est-ce-que renoncer à ceci pour cela c’est frustrant? Du haut de ma petite expérience de vie, je ne suis pas sûre…  Galérer, non. Avoir juste ce qu’il faut, oui. Et ne pas avoir trop d’argent permet de se poser de vraies questions : en ai-je vraiment envie ? Est-ce nécessaire ? Est-ce-que je peux m’en passer ? Pas en permanence évidemment, ni pour acheter du shampooing ni du liquide vaisselle ! Mais pour toutes ces autres choses qui finiront par moisir dans les placards… J’aspire à une vie plus simple que celle que nous vend la société de consommation, parce-que je suis persuadée que tout objet ou loisir ne remplira jamais le vide que certains ressentent tout au fond. J’entends déjà le « oui, mais tu n’as pas d’enfant! » Certes. Mais j’adapterai en temps voulu mes priorités de dépenses… Alors, on arrête ce sacro-saint débat estival chaque année : un enfant qui ne part pas en vacances ce n’est pas la fin du monde, bordel, il n’est pas malheureux pour autant (si ses parents s’en occupent un peu ndlr) ! Parfois, j’ai comme l’impression que partir en vacances est un dû… En vrai, c’est juste une super chance !!

Quant à la façon dont je gère mon budget, elle m’appartient. Nous n’avons pas de compte commun avec mon cher et tendre, nous divisons toutes les dépenses communes par deux et ça nous convient très bien. En cette période de disette salariale, il partage son chômage avec moi qui ne perçoit rien (la démission n’ouvre aucun droit à des allocations), et nous avons la chance de bénéficier d’un appartement familial gratuit. Pour toute cette générosité, je ressens et j’exprime une immense gratitude ! Mais quand nous gagnons notre pain tous les deux (et en index3général, dans la même fourchette), mes sous sont mes sous, et les siens, les siens…  J’ai du mal à accepter ce que j’appelle « la dépendance financière » (oui, même actuellement en période de jachère bancaire), mais je me soigne. Je commence doucement à voir les choses différemment, à nous considérer comme une « entité financière » (après 6 ans de vie commune, il serait temps, hein !), peut-être aussi parce-que bientôt nous aurons l’envie de fonder une famille et que nous aurons d’autres dépenses communes… Mais tout au fond, ça me bloque un peu encore. Comme si, en fait, je valais moins à mes yeux (et aux yeux de la société…no comment!) si je n’étais pas capable de payer pour ma part… Un brin de féminisme oui : être autonome financièrement pour pouvoir partir si ça ne va pas, être autonome financièrement pour se sentir forte et égale. Je refuse de me renvoyer à moi et aux autres l’image d’une Causette prise sous l’aile d’un gentil monsieur… Sans blague, être redevable envers quelqu’un, c’est lui octroyer du pouvoir, non ?! Moi je ramène mon beurre, j’en profite et je n’ai rien à justifier à personne. Même si parfois je le fais spontanément parce-que ce petit pull n’était pas tellement nécessaire, et que j’aurais pu épargner cet argent (dans le but d’avoir plus d’apport pour un appartement, par exemple)…

Moui, j’ai cette relation avec l’argent : j’admire les figures méritantes des petits boulots qui galèrent pour joindre les deux bouts, la persévérance de ceux qui n’ont pas grand-chose et qui veulent se construire un pécule… Je les admire, parce-que j’ai le sentiment qu’ils sont dans le vrai, et que de la même manière, je sais vivre de choses toutes simples. Je n’ai pas envie ni « besoin » de loisirs coûteux, de vêtements de marque, des derniers appareils hi-tech. Je n’ai pas envie d’une maison immense, de vacances 2 fois par an à l’autre bout du monde, ni d’hôtels 4 étoiles et je ne bave pas d’envie devant une voiture neuve… Alors tu comprendras que « travailler plus pour gagner plus », ça m’a jamais vraiment emballée !

Simple-LifePeut-être que je réalise que plus de fric, ça ne m’apporterait rien de plus, au fond de moi que je n’ai déjà? Oui, awf, ça dure 10 min, l’extase de la nouvelle paire de chaussures, les 3 premières fois qu’on les porte… Mais ça remplit en-dedans ? Pas tant que ça, non… Les gens tendent à mélanger plaisir et bonheur, mais ça n’a pas vraiment la même consistance.

Et sur ces belles paroles peut-être utopistes, je m’en vais payer mes impôts !

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2 réflexions au sujet de « Le fric, c’est chic ! Parole de ratchou. »

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