« … »

nice.jpgAu-delà de la tristesse profonde des premiers instants, maintenant je suis juste en colère. Si les premiers événements m’ont faite pleurer, m’ont déprimée, aujourd’hui, ce tout dernier attentat me plonge dans une colère noire. Une rage, qui bouillonne en dedans, qui voudrait sortir et à son tour hurler son incompréhension.

Encore cette nuit, un illuminé a foncé sur la foule. Encore cette nuit, des dizaines d’innocents sont morts, alors qu’ils célébraient en famille, entre amis, un moment de joie, un moment d’histoire, un moment de France. Encore cette nuit, la folie a tué.

Comment se peut-il qu’en France en 2016, nous vivions dans la crainte d’être au mauvais endroit au mauvais moment ? Enfin, si avoir peur pour sa vie, c’est vivre… On le sait qu’ailleurs, les gens tentent simplement de survivre à cette situation quotidienne. A cette peur envahissante de perdre la vie, ce bien précieux, en sortant dans la rue acheter ses légumes, dans son sommeil, en enlaçant son mari. On le sait, que dans certains pays, ça craint ; on est habitués, et on n’y fait même plus attention quand on l’entend à la télé pour la énième fois en 2 semaines. Après tout, «C’est affreux, mais ils n’ont même pas la démocratie, alors ça viendra… » Putain, mais merde, on ne peut pas s’habituer à ça, nulle part ! Et bien entendu, je ne suis pas irréprochable, je me blâme aussi moi-même de retourner dans mon quotidien aussi vite que cette bombe a explosé, là-bas, loin… Et tout d’un coup, un jour de janvier, ça devient ta crainte, à toi, dans ton beau pays bleu-blanc-rouge : en France, nation de la fraternité…

Comment peut-on imaginer que l’Homme est assez mauvais pour commettre ces atrocités ? Est-ce-que c’est dans la nature humaine de l’Homme, en groupe ? Comment cette barbarie est-elle possible ? Comment ces monstruosités peuvent-elles germer dans l’esprit de certaines personnes ? D’où provient ce besoin de faire tomber des têtes, au sens propre ? De violer, de torturer, de massacrer ? D’ôter la vie ? C’est comme si tous les sociopathes des pires films d’horreur s’étaient rencardés un jour et s’étaient dits « Hé, viens, on fait un collectif, on va bien kiffer ».

Alors, je suis fatiguée.13697251_1426798907335595_502238662697905285_n

Fatiguée d’avoir peur, de me dire en allant au cinéma ou au théâtre « C’est peut-être ce soir ».

Fatiguée d’entendre le nombre de morts augmenter à mesure qu’on découvre les corps, et d’imaginer leurs proches effondrés, et de me projeter dans la tristesse que je pourrais ressentir si ça arrivait à l’un des miens.

Fatiguée de me persuader que l’Homme est bon tout au fond.

Fatiguée de voir que l’Etat ne fait pas grand-chose pour nous protéger…

Fatiguée de devoir insister pour que les gens ne fassent pas d’amalgames, et pour préserver les honorables musulmans qui n’ont rien demandé à personne des menaces et de la colère alimentée à leur encontre. Car évidemment, si l’événement n’a pas été revendiqué pour l’instant, on ne peut s’empêcher d’y penser…

Fatiguée de voir que ces événements, au-delà de la tragédie qu’ils revêtent, font les choux gras de certain(e)s politicien(ne)s…

Fatiguée de voir que la haine génère la haine…

Fatiguée de me dire que ça peut arriver demain, à n’importe qui.

Fatiguée de me projeter dans 2 à 3 ans, toujours sous cette menace, peut-être sous leur emprise ?

Alors aujourd’hui, j’écris comme tant d’autres à ce sujet, j’écris parce-que ça me fait du bien, j’écris parce-que ça m’apaise et que ça me fait réfléchir. Et surtout, j’écris parce-que, aujourd’hui, je vis.
 

 

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