Choisir, c’est renoncer (et nous on n’aime pas).

C’est une formule que les personnes qui ont du mal à se décider détestent. J’écris cet article en pensant très fort à l’une de mes sœurs, dont le choix a toujours été la bête noire. Déjà petite, elle hésitait des heures entre le pull marron et le pull noir, de peur de regretter son choix (voire de peur de faire de la peine au pull délaissé, mais ça c’est encore autre chose).

Car tout être qui choisit s’expose à la crainte de ne pas faire le bon choix.bon-choix-mauvais-choix

Mais avoir le choix, ce n’est pas un peu être libre, toute proportion gardée ? Les puristes-à-la-Marianne diront que non; mais moi, du haut de mes 1,63m, dans ma-propre-vie-que-c’est-moi-qui-décide je dis que oui.

Après quelques années d’anxiété que j’ai appris à apprivoiser, je te propose ci-après quelques points forts de la décision, dont je magnifierai les vertus. Choisir, c’est être soi, et c’est déjà un bon début ! Les paragraphes suivants sont à se répéter régulièrement : ils font appel au bon sens. Reste à convaincre sa tête et son cœur du bien fondé du choix!

  • Pour et contre : la liste

Evidemment, toute personne devant décider, choisir, trancher, doit tout d’abord connaître les plus et les moins de chacune des possibilités afin de faire le « bon » choix, celui qui lui est le plus adapté.

Les sandales plates limite orthopédiques ou les talons pouffy de 17cm?

Dans le premier cas, le pied te remerciera, il sera à l’aise, ta démarche aussi, et si tu as des courses à faire, si tu dois aller au boulot, que tu n’as personne à séduire, ou simplement pour une ballade en campagne, la chaussure plate sera ta parfaite alliée. En revanche, elles peuvent ne pas aller du tout avec ta tenue. On peut également penser que tu les auras achetées en pharmacie, et évidemment, le plat ça tasse.

decisions3Dans le second cas, tu auras de l’allure (sauf si comme moi tu ressembles à un canard boiteux sur échasses), du style, une taille haute, une jambe affinée, un look sensas. Mais, tu devras te déplacer en voiture, à tout petits pas pour ne pas tomber (ne pense même pas à courir pour attraper ton bus), ne pourra marcher sur les pavés, et tu risques d’être en décalage total si tu vas simplement chercher des bananes chez ton primeur.

Tu auras bien compris, lecteur, à travers cette image, que tout dépend de l’environnement dans lequel tu prends ta décision.

Coucher toutes ses idées, ses pour et contre sur le papier, en 2 colonnes distinctes pour chaque choix, permet d’avoir les idées au clair. Et si l’évidence ne te saute pas aux yeux, et que tu ne décides pas de tes priorités, au moins tu seras à quoi t’en tenir que tu choisisses le plat ou le talon.

Je procède toujours de cette façon pour tout choix important. Cela ne me permet pas forcément de faire le choix optimal à chaque fois, mais le choix qui me correspond, à un instant T.

  • On fait des choix avec les données que nous avons à un instant T

Et en effet, c’est une chose importante à prendre en compte, parce-que nous ne savons pas de quoi demain sera fait, nous ne savons pas si nous regretterons ou pas. Mais nous savons que cette décision sera appliquée par rapport à ce que nous savons de nous, de notre environnement, de notre vécu et de notre feeling à un moment donné.

Je ne sais pas si, demain, je retrouverais un boulot qui me plaise en Alsace, et je ne sais decision-stress1pas si je pourrais me faire au manque de soleil bien connu dans cette région de France. En effet, je suis une fille solaire, je peux passer des heures sur une chaise longue le visage tendu vers le soleil, et je souris niaisement au moindre rayon : le soleil a cet effet bénéfique sur moi qu’il me fait oublier toutes mes contrariétés. Je ne sais pas si j’arriverais à tisser des liens forts avec les amis de mon bien aimé.

Je ne sais pas tout ça, et pourtant j’ai fait le choix de quitter mon boulot et cette région. Pour différentes raisons, notamment parce-que Strasbourg est super sympa, que ma cousine hyper solaire est montée y vivre il y a 10 ans et n’a jamais souhaité redescendre, qu’il y a une qualité de vie dont la réputation dépasse les frontières. Parce-que j’ai besoin de changer de cadre, j’ai besoin de me tester dans un nouveau travail, parce-que celui que j’ai actuellement ne m’apporte pas la satisfaction que j’attends, parce-que mon cher et tendre est un peu nostalgique de s’être éloigné de son entourage, et que j’ai besoin qu’il soit heureux pour l’être aussi (sinon, ô culpabilité ! Et ça c’est encore un autre sujet). Parce-que j’ai peur que ma famille me manque, mais qu’après 5 ans en Rhône-Alpes, l’amour que je leur porte et l’intensité de nos relations n’ont pas changé, parce-que j’ai vérifié et qu’il y a des liaisons régulières et abordables en avion pour aller à Toulouse (fief de l’amitié).

J’ai juste fait un choix, avec les données que j’avais à l’instant où j’ai fait ce choix. Je ne maîtrise pas le reste, ni les jours prochains, alors j’ai décidé à partir des éléments que je connaissais.
Et pour l’instant, ce choix génère des craintes, de la peur, mais un terrible enthousiasme pour cette nouvelle région et cette nouvelle vie à découvrir.

Dans tous les cas lecteur, dis toi bien qu’aucune décision n’est définitive, et revenir en arrière n’est en aucun cas un signe d’échec.

 

  • Rien n’est jamais définitif

Et ça, c’est important d’en avoir conscience. Rien n’est définitif dans la vie, et savoir se rendre compte qu’on a fait le mauvais choix parce-qu’il ne nous correspond pas/plus, c’est être pourvu d’une grande capacité de prise de recul. Si ça ne va pas, on ne va pas se fouetter (n’en rajoutons pas…), on va se poser, réfléchir à un nouveau choix à faire, passer en revue les erreurs et le positif, mais sans jamais se blâmer de « s’être trompé ». On ne pouvait pas tout savoir ! Parfois, la raison décide pour le cœur et ça peut coincer. Et parfois, ça passe et c’est tant mieux.

methodes-de-la-prise-de-decisionRevenir en arrière, rebrousser chemin, refaire ses valises et revenir, changer à nouveau de boulot, ne sont pas un signe d’échec. Peut-être un brin d’insatisfaction chronique, mais c’est un autre sujet ! Et en aucun cas il ne faut se considérer comme coupable de cette erreur. Nos erreurs nous permettent de nous rapprocher de notre nous profond, d’être au plus près de ce qui nous correspond. Combien de personnes, professionnellement, sont en train de faire un virage à 180° ? Combien de cadres sup, arrivés la quarantaine, se reconvertissent dans la boulangerie ? L’ébénisterie ? Ils ont fait un choix, à un moment, de privilégier des responsabilités et un confort de vie. Mais c’était là au fond, c’est le travail manuel qui les épanouissait. Je ne dis pas que leur décision a été facile à prendre, et il faut être sacrément bien entouré (famille, amis, animaux ?) et soutenu pour oser franchir le cap. Lequel d’entre eux aurait imaginé un jour que les responsabilités ne les satisferaient plus ? Ont-ils ressenti des symptômes physiques qui les ont plongés dans une réflexion sur leur condition (fatigue chronique, stress) ? On évolue, on change au cours de sa vie, et nos choix également. Il faut pouvoir l’accepter et savoir compter sur les gens qui nous aiment pour nous épauler (ou à défaut, des praticiens).

A 18 ans, je pensais que j’étais partie de chez moi pour mes études supérieures et que je ne pouvais plus revenir, parce-que j’étais adulte désormais et qu’il ne fallait qu’avancer dans la vie. Go ahead, ne te retourne pas. Et ça a créé un mal-être relativement profond à cette période de ma vie. Mes parents et mes amis m’ont soutenue dans mon choix d’abandonner mes études élitistes auxquelles finalement je n’aspirais pas et de rentrer. Et puis quelques années après, j’ai pu repartir de plus belle, sans aucun problème, j’étais prête, et fière d’avoir fait ce choix, difficile, et qui me paraissait insurmontable sur le moment…

Il faut accepter de ne pas tout maîtriser dans la vie, et juste de souhaiter ce qui sera le meilleur pour soi, afin de pouvoir avancer et d’en retirer une certaine satisfaction.

 

Et voilà, pour conclure, choisir c’est avancer. Et même si l’on rebrousse chemin, que l’on abandonne et revient en arrière, on avance dans sa construction et dans la connaissance de soi. Ce qui permet, avec du recul d’en retirer une certaine fierté, sinon une satisfaction d’avoir pris ladite décision.

Ça a l’air tellement facile, dit comme ça! C’est un article plein de bon sens qui reflète aujourd’hui mon état d’esprit, mais que j’ai mis du temps à intégrer. Parfois encore aujourd’hui, j’ai besoin de piqûres de rappel, notamment au sujet du « rien n’est définitif ». Armé de toutes ces idées et de l’esprit positif que j’insuffle à chacun de mes articles, j’espère que tu sauras toi aussi faire tes choix et prendre des décisions ! Parce-que plat ou talon, tout n’est pas qu’une question de style 😉

 

 

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2 réflexions au sujet de « Choisir, c’est renoncer (et nous on n’aime pas). »

  1. le choix est une richesse , presque un luxe pour certains ,il ne répond pas toujours à des arguments cartésiens comme tu le dis le cœur intervient . Un peu de folie aussi sinon les éléments négatifs freinent toute décision

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